Une vie, un témoignage

Toulouse – 21 Avril 2012

Visite d’Airbus Industrie à Toulouse/Blagnac

Rencontre amicale et informelle à l’initiative de Patrice pour la visite de la chaîne de montage de l’A 380 à Toulouse/Blagnac

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Patrice travaille à Airbus Industrie depuis pas mal d’années et il a eu l’idée géniale d’organiser une rencontre wald autour de la visite de son usine, il nous raconte l’évènement aujourd’hui :

Une visite de la chaîne de montage du gros porteur commercial d’Airbus : l’A 380, il fallait un prétexte pour que quelques amis wald se retrouvent à Toulouse/Blagnac ce samedi 21 Avril. C’est Patrice qui, au petit matin, a fait le taxi pour aller chercher Nicole à son hôtel situé du côté de la gare Matabiau de Toulouse. Très heureux de se revoir ils se sont vite retrouvés chez Patrice à Blagnac, devant un petit-déjeuner préparé à leur intention par Martine, son épouse.

Il n’a pas fallu plus d’une demi-heure pour voir arriver les autres colistiers. Nous étions très heureux d’accueillir Annette et Denis suivis de près par Jacqueline et François et aucun ne s’est  fait prier pour échanger et partager croissants et café chaud autour d’une bonne table.

Les discussions auraient pu durer bien longtemps mais il était déjà dix heures et grand temps de partir pour l’usine Lagardère où se trouve la chaîne de montage de l’A 380, but de notre visite. Deux véhicules furent nécessaires pour convoyer tout ce petit monde et Nicole, Jacqueline, Annette, Denis et François allaient constituer le groupe (malheureusement limité à 5 personnes) accompagné par le salarié d’Airbus : moi, Patrice.

Pendant ce temps-là Martine attendrait Josiane et Gérard qui avaient prévu d’arriver vers midi afin de se joindre au déjeuner avec nous.

J’ai profité du trajet vers l’usine de montage pour faire quelques petits détours afin de montrer à mes invités l’environnement de Blagnac et son tramway. A l’arrivée à l’usine, il fallait montrer « patte blanche » à l’accueil et échanger nos pièces d’identité contre le sésame de circonstance : les badges visiteurs !

Les visites se font à pied et accompagnées d’un salarié d’Airbus (moi en l’occurrence). L’accès à l’entrée principale de la chaîne se mérite… il nous a fallu longer la totalité du bâtiment principal par l’extérieur… sachant que celui-ci fait 500 mètres de long pour 250 mètres de large et couvre un terrain de 56 hectares, il fallait de bonnes chaussures pour y accéder.

L’entrée principale est aussi le hall dans lequel se retrouvent toutes les différentes pièces de l’avion en provenance des quatre coins de l’Europe et ses 46 mètres de hauteur sous plafond ne sont pas de trop comme nous allons le voir.

Le fuselage est acheminé de Hambourg, la voilure vient du Royaume-Uni, l’empennage arrive d’Espagne. L’acheminement de ces différentes pièces jusqu’à l’usine d’assemblage de Blagnac n’est pas une mince affaire. Les plus massives sont transportées par voie maritime jusqu’à Pauillac, près de Bordeaux, où elles sont transférées sur une barge qui remontera la Garonne sur 95 km jusqu’à Langon. Elles empruntent ensuite la route pour parcourir, de nuit, en convoi exceptionnel, les 240 km qui les séparent de Toulouse.

Le bâtiment est divisé en deux halls de production avec en premier le « poste 40 ». Obligation est faite (sécurité oblige) de suivre un parcours fléché au sol pour visiter la chaîne et ne pas sortir du circuit visiteurs, quelques équipes travaillaient ce samedi. Bien sûr toutes photos ou films étaient interdits.

Le « poste 40 » est le cœur du processus d’assemblage de l’A380. En effet, à la différence des autres chaînes de montage d’Airbus, l’A380 est le seul Airbus à être assemblé en un seul poste. Le « poste 40 » est une véritable usine dans l’usine, c’est un bâti de 1200 tonnes sur lequel s’affairent 120 ouvriers. Ses cinq étages sont desservis par quatre ascenseurs. L’empennage (partie arrière de l’appareil), le fuselage et le cockpit sont positionnés à l’intérieur du poste. La voilure est, quant à elle, manutentionnée par des ponts roulants accrochés à la charpente de l’usine. Un système de mesure laser est ensuite utilisé pour garantir une précision maximale dans le positionnement des pièces les unes par rapport aux autres. L’assemblage dure en moyenne une semaine. Une fois terminé, les infrastructures du « poste 40 » s’ouvrent pour laisser sortir l’avion : c’est le démoulage. L’appareil roule jusqu’au hall adjacent pour les finitions en passant par l’extérieur. Pour ce faire, les murs de l’usine ont été percés de huit immenses portes coulissantes de 90 m de long et 27 m de haut.

Le hall de finition peut accueillir trois appareils simultanément. Les premières vérifications des parties mobiles et des circuits électriques et hydrauliques y sont effectuées. En revanche, les réacteurs, qui représentent la moitié du prix de l’avion, ne sont montés qu’au dernier moment. A ce propos, par un effet d’optique, certains pensaient (surtout Nicole) que les moteurs n’avaient pas tous le même diamètre, ils ne sont pas alignés longitudinalement car l’intrados de l’aile n’est bien sûr pas droit, le moteur interne parait plus gros que l’externe.

La charpente des halls de fabrication est équipée de ponts coulissants permettant d’effectuer toutes sortes de tâches sur l’appareil. Certains servent à déplacer des pièces lourdes, d’autres sont aménagés pour accueillir une équipe d’ouvriers. Chaque avion en cours de finition dispose de quatre ponts roulants. Suspendus à plus de 30 m de haut, ils peuvent descendre jusqu’au sol, ce qui permet une grande modularité.

Une fois les vérifications de base terminées, l’appareil quitte le hall de finition pour subir des tests à l’extérieur. Lors des essais cabine, de l’air est injecté dans l’avion pour faire augmenter la pression à des niveaux bien supérieurs à la normale et tester l’étanchéité des parois. Il subira ensuite une série de tests en vol (2500 heures au total avant d’être opérationnel). En moyenne, la chaîne d’assemblage de Blagnac produit quatre avions par mois mais sa capacité peut être modulée jusqu’à huit appareils par mois.

Une dernière étape vers Hambourg où l’avion assemblé s’envole pour être aménagé commercialement et peint. En effet, à la sortie de la chaîne d’assemblage Toulousaine, seule la dérive, à l’arrière, est peinte aux couleurs de la compagnie aérienne qui a commandé l’avion. Le fuselage, lui, garde ses tons de vert jusqu’à son arrivée en Allemagne. La livraison au client a ensuite lieu à Hambourg ou à Toulouse.

C’est ainsi que nous avons pu voir dehors plusieurs avions dit «verts» avec leur dérive peinte aux couleurs de la compagnie cliente.

En vol, l’A380 occupe ainsi une surface équivalente à un terrain de football. Quant à l’empennage (la voilure horizontale située à l’arrière de l’appareil), il est aussi large que les ailes d’un A320. Malgré de telles dimensions, l’utilisation de  matériaux composites légers a permis à l’A380 de réduire son poids (361 tonnes à vide) et de limiter sa consommation en carburant.

A la fin de cette visite très intéressante nous avons récupéré nos cartes d’identité et nous nous sommes rendus à la boutique «Taxiway». Ceux qui le souhaitaient ont pu acheter des souvenirs de cette belle journée.

Midi sonnait et il était déjà temps de nous rendre au restaurant à l’auberge de Beauzelle où devaient nous rejoindre Martine avec Josiane et Gérard qui étaient entre temps arrivés à bon port. Le déjeuner entre nous fut un moment formidable de convivialité et tous nos soucis furent, pour un temps, oubliés. Le repas fut à la hauteur de cette rencontre. Au menu : apéritif Kir, salade gersoise avec foie gras, magret et ses légumes, dessert profiteroles ou moelleux au chocolat le tout accompagné d’un bon vin rouge et pour terminer un café ou un thé au choix.

Evidemment, la bonne ambiance de ce repas nous fit oublier l’heure qui passait trop vite. S’apercevant que nous étions les derniers dans le restaurant, nous nous décidâmes à lever le camp sans oublier d’emporter deux bonnes bouteilles de vin pratiquement pleines, nous étions restés très raisonnables sur la consommation d’alcool.

Une fois aux voitures nous décidions de former deux groupes : Denis, Annette, François, Jacqueline et moi-même nous décidâmes de partir au centre-ville de Toulouse en prenant le Tramway à Blagnac. Martine, Nicole, Josiane et Gérard iraient rendre visite à Nadine qui était hospitalisée depuis la veille suite à une rechute importante. Après vingt minutes de tramway, nous nous retrouvions (le premier groupe) place du Capitole. Bien que le temps ne fût pas de la partie, nous eûmes la chance d’assister à la sortie de la mairie à un mariage de tradition Marocaine avec une ambiance incroyable.

Après quelques minutes de marche, les jambes un peu lourdes, nous nous posions gentiment à la terrasse d’un bar en face du Capitole, où le temps étant ce qu’il était…ce fut infusion pour tout le monde. Les parasols nous protégeaient plutôt de la pluie que du fameux soleil de Toulouse complétement inexistant ce jour-là. Après s’être bien réchauffés avec le thé ou autres infusions nous repartions par le tramway vers Blagnac pour reprendre les voitures. Arrivés aux voitures il était déjà temps de se dire au revoir et d’embrasser Denis et Annette qui avaient encore un long trajet à effectuer pour rentrer chez eux en Charente-Maritime.

De retour à la maison, nous retrouvâmes le second groupe pour un dernier petit thé. Nadine avait commencé sa chimio  et le moral était meilleur, elle était très heureuse d’avoir retrouvé ses amis de la liste. Josy lui avait apporté une bouteille de vin de notre repas du midi et je sais qu’elle en a bu en pensant très fort à nous. On l’embrasse tous très fort et nous lui souhaitons un prompt rétablissement.

Puis ce fut le temps de la séparation : Josy et Gérard ramenèrent Nicole à son hôtel tandis que Jacqueline et François repartaient de leur côté vers Moissac. Je garderai de cette belle rencontre un souvenir vraiment inoubliable, bravo la liste qui permet d’organiser ce type de journée et bravo à tous les participants pour leur bonne humeur et leur joie de vivre malgré notre maladie.

Pour conclure cette formidable journée, une petite photo  du premier vol de l’A380 moteurs Engine Alliance qui fut un véritable succès comme cette magnifique journée.

A bientôt pour de nouvelles aventures

Patrice